Carnet des Indes – Chapitre 2 : Le Bangladesh

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Publié par Froggy | Classé dans Asie | Publié le 11-12-2015

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DSC02513 [1024x768 (tdm_blog)]Introduction

1er Septembre 2014. Je traverse à pied la frontière entre l’Inde et le Bangladesh, poursuivant une marche de plusieurs kilomètres depuis le village de Dawki en Inde où mon dernier bus m’a déposé.

Voilà 5 jours que je voyage à travers les régions du Nord-Est de l’Inde après être sorti des frontières birmanes. Cinq jours qui m’ont paru être une éternité.

Mon objectif est toujours de rejoindre Dhaka (la capitale du Bangladesh) le plus rapidement possible afin d’entamer des démarches administratives indispensables à la poursuite de mon voyage. J’ai aussi besoin, pour plein de raisons, de retrouver une connexion internet et un peu de stabilité, un peu de sommeil aussi. J’espère ensuite avoir le temps de visiter la campagne et l’arrière-pays bangladais…

Arrivée au Bangladesh

La marche continue le long des gros camions qui viennent de ralumer leurs moteurs à l’ouverture du poste frontière. Ca fume tout noir.

De ce coté là de la frontière un type m’accueille chaleureusement et me montre les deux bureaux d’immigration bangladais où je dois me rendre, d’abord celui à gauche de la route : les douanes (customs), puis celui de droite (immigration).

L’accueil dans ces bureaux par les fonctionnaires bangladais est plus que froid… J’ai aussi droit à beaucoup des questions, mais pas de fouille de sac. Enfin, le coup de tampon et me voilà officiellement au Bangladesh.

Dehors on m’aide à rejoindre le bus pour Sylhet, la prochaine ville. Un type très souriant et super content de m’aider !

Je monte dans un vieux bus abimé, coloré, et déjà bondé. Le paysage est magnifique, on longe une longue chaine de colines couverte de forêts et d’innombrables chutes d’eau impressionantes même depuis la route pourtant éloignée.

Dans le bus, l’ambiance change radicalement par rapport à ces derniers jours en Inde ! Les femmes sont voilées, légèrement ou totalement, avec toutes les variantes possibles entre les deux, très colorées ou au contraire tout en noir, dans un mélange de styles indien et arabe. Certains hommes sont habillés tels des imams (en qamis/djellaba?), portant une grosse barbe noire, blanche, ou teintée orange !

Tout le monde semble très intrigué par ma présence, mais personne ne m’adresse la parole au début. Et puis après 20 minutes de bus on commence à me demander d’où je viens et où je vais : « France, Sylhet, Dhaka ! »

Boom, une explosion ! On a crevé ! Les gens sortent calmement du bus et me demandent de rester à l’intérieur pour mon propre confort. Ils tentent de réparer la roue puis s’aperçoivent après quelques minutes de bricolage que ca va prendre trop de temps, ils nous dirigent alors vers différents mini-bus pour que nous puissions terminer notre voyage vers Sylhet.

Mon nouveau voisin de bus, Mister Nurul Islam, insiste pour payer mon ticket alors que j’ai déjà sorti les billets, il ne me laisse pas le choix ! Il veut à tout prix m’aider à rejoindre Sylhet et puis à trouver un bus pour Dhaka, il parle assez bien l’anglais et me donne sa carte de visite. Un businessman dans l’import-export de pierres avec l’Inde, tient, ca me rappelle le convoi de camions à la frontière !

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Une courte escale à Sylhet

A Sylhet, mon copain trop sympa m’invite au resto, un trés bon resto au calme dans une « mini-salle privative » pour un excelent repas : qualité, quantité, tout y est. En plus, je n’avais pas mangé depuis la veille, et encore, sur le pouce, alors je peux dire que j’ai appécié le cadeau ! Lui ne prend rien, il a déjà mangé. On discute et on rigole bien, il est vraiment super !

Puis direction la gare en rickshaw (équivalent du tuktuk), une très longue course à travers la ville grouillante, mais emporté par la discussion je suis très peu attentif à ce qui se passe à l’exterieur. Arrivé sur ce qui ressemble au parking de la gare routière il me demande quel type de bus je veux : « AC » (climatisé) ou « non-AC » . Non-AC bien sur ! J’arrive à le convaincre que je vais payer celui-ci (570 Taka, ~7€) mais que toute l’aide qu’il vient de m’apporter est inestimable !
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Quelle belle permière rencontre au Bangladesh, incroyable, ca commence bien ! Et puis je n’aurais jamais, jamais, pu trouver le bus tout seul sans l’aide de quelqu’un qui connaisse la ville et qui parle anglais, et même pour m’accompagner tout au long du parcours dans cette grande zone urbaine chaotique (les souvenirs de l’Inde me reviennent) où tout est extrêmement compliqué tout seul, voire impossible.

Bref, me voilà dans le bus pour Dhaka, wahou ! C’est la dernière ligne droite après une longue route pleine d’embûches depuis plus d’une semaine au départ de Mandalay (en Birmanie), je suis tout excité d’arriver enfin !

Dans le bus j’arrive à dormir un peu, la route est longue et belle. Je contemple le paysage : des rizières innondées à perte de vue, des usines de briques au milieu des rizières, les pieds dans l’eau, de hautes cheminées élancées vers le ciel qui créent un peu de relief et de verticalité dans ce décors horizontale, linéaire, plat comme la Beauce, des centaines et des centaines de cheminées disséminées au milieu des champs et des rizières. C’est très dépaysant, très beau, je ne manque surtout pas le coucher du soleil sublime sur ce paysage absolument plat du début à la fin. Quel contraste avec l’omniprésence des colines et des montagnes de l’Inde du Nord-Est pourtant si proche !

Les frontières entre les pays ne sont pas seulement ou pas toujours des frontières politiques, idéologiques, religieuses, culturelles, linguistiques… elles sont aussi parfois et avant tout des frontières géographiques, géologiques !

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Nous roulons toute l’après-midi et toute la soirée bien après le coucher du soleil, je ne sais pas exactement combien de temps en tout. Nous nous arrêtons pour diner dans une grande cantine « routière » mais je n’ai pas faim après l’énorme repas de ce midi, je passe mon tour. Le passager d’un autre bus vient me voir pour discuter avec moi sur le grand escalier de l’établissment, il me donne sa carte de visite : encore un businessman spécialisé dans la pierre de construction et le commerce avec l’Inde, décidemment !

Malgré la douceur et la sérénité de ce long voyage en bus je regrette de n’y avoir fait aucune rencontre et d’arriver à Dhaka tout seul. Je crois que les gens sont assez réservés, certains aimeraient bien venir discuter et pratiquer leur anglais mais ils n’osent pas. Et comme je suis timide aussi, et surtout soucieux de ne pas les déranger, ca ne peut pas marcher ! Quel beau voyage tout de même, l’esprit absorbé par la magie des paysages et de la lumière de l’arrière-pays bangladais.

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Seul au monde, dans l’enfer de Dhaka

C’est donc seul que j’arrive à Dhaka, effroyablement seul dans cette nuit menaçante. Les passagers du bus récupèrent leurs affaires en soute et disparaissent en quelques minutes, je voudrais demander de l’aide au premier venu mais tout le monde s’agite et s’en va sans un regard pour le pauvre petit touriste égaré que je suis.

Dhaka est l’une des agglomérations les plus peuplées du monde avec ses 15 millions d’habitants. Mais c’est surtout la densité de population qui bat ici tous les records : 43000 habitants au km² dans le coeur de ville ! (2 fois plus que Paris intra-muros). C’est aussi l’une des capitales les plus pauvres, les plus polluées, et les moins développées de la planète.

Faute de connexion internet depuis 2 semaines je n’ai pas la moindre information sur Dhaka : où loger, comment se déplacer en ville… Je n’ai pas de plan, pas une seule adresse d’auberge, ni même un nom de rue ou de quartier, je n’ai ici aucun contact, même pas une vague idée de ce à quoi ressemble la ville et vers où me diriger en arrivant.

J’ai alors l’impression d’être complétement seul au monde, je suis perdu, je ne sais pas du tout où aller ni que faire dans l’instant présent, la chaleur est suffocante et la fatigue me tombe dessus, c’est attroce. Un passant veut m’aider en m’envoyant dans un rickshaw mais je souhaite trouver mon hôtel tout seul. Car un chauffeur de rickshaw qui ne parle pas anglais et moi qui cherche un hôtel bon marché, ca sent le quiproquo qui va durer des heures et la note de rickshaw très salée pour un résultat nul en terme d’hébergement… Je ne prends pas le risque !

Il doit être au moins 22h00 et je dois absolument trouver un endroit où loger cette nuit… Que faire ? Je pars à l’aveugle et à pieds dans une direction aléatoire, je suis mon intuition, ou plutôt le hasard !

La ville est une vraie fourmilière humaine, il y a des milliers de gens partout, même dans la plus petite des rues piétonnes. Ca grouille ! Ils me dévisagent, les regards sont glacials et ne laissent passer aucune expression. Je ne me sens pas du tout à l’aise, et je suis claqué, tellement claqué, je n’ai pas beaucoup dormi dans le bus, mon sac est lourd, il fait très chaud et je n’ai pas envie de dormir dehors mais alors pas du tout, pas dans cet enfer urbain. Mais je sais que c’est une option à envisager si je ne trouve pas d’hôtel bon marché dans les prochaines heures.

Je marche dans Dhaka, au hasard des rues… Je demande à 2 ou 3 hôtels sur le chemin mais tous me refusent la nuit, sans explication et presque sans un mot d’anglais. Je ne sais pas s’ils sont complets, j’ai l’impression qu’on n’aime pas voir des étrangers dans ces petits hôtels pour locaux, ou peut-être qu’ils n’ont pas le droit, comme en Inde du Nord-Est dans les jours précédents (à Shyllong, Imphal, Guwahati…).

Je désespère de plus en plus et cela doit se voir sur mon visage, aussi je deviens très impoli avec le patron d’un établissement qui me répond « non » froidement et sans me donner d’explication, alors que son hôtel semble tellement vide ! Et puis l’un des réceptionnistes de cet hôtel, un petit jeune symphatique, vient me retrouver en bas de la rue quelques minutes plus tard pour m’expliquer à quel point il est désolé de ne pas me laisser rentrer mais son patron n’a effectivement pas le droit de faire dormir des étrangers.

Il parle juste quelques mots d’anglais mais il fait tout son possible pour manifester sa compassion ! C’est touchant et j’apprécie énormément. Je lui demande une simple faveur : remplir ma bouteille d’eau… Je transpire et je meure de soif depuis mon arrivée. Son collègue s’en occupe sans tarder alors que déjà un attroupement s’est crée autour de moi dans la rue.

Puis ils veulent à nouveau m’aider en m’envoyant dans un rickshaw, cette fois j’accepte, j’ai déjà tourné en rond trop tongtemps et essuyé trois refus d’hôtels, pour trois hôtels rencontrés, c’est médiocre à tous les niveaux ! Je ne sais plus quoi faire.

Je les laisse négicier le prix de mon rickshaw, ils m’envoient alors à une adresse qu’ils pensent être un hôtel qui me conviendra.

Mon véhicule à pédales m’emmène d’hôtel en hôtel, peut-être 3 ou 4 et tous hors de prix. Personne ne comprends pourquoi je cherche un hébergement « local » et pas cher, moi « l’étranger-blanc-donc-riche ». Quelle galère, j’en ai marre.

Le dernier hôtel de la rue me propose une chambre à 700 Taka (~10$/8€). C’est déjà beaucoup plus acceptable mais encore un peu cher, surtout par rapport au niveau de vie d’ici. Et puis après le surplus de budget dépensé en Birmanie presque tous les jours (à cause de l’hébergement, encore), je m’interdis maintenant toute dépense excessive, quelqu’en soit le prix à payer y compris dormir dehors.

A nouveau un attroupement se crée devant l’hôtel : il y a la tout le personnel, plus mon chauffeur de rickshaw et de nombreux passants. J’explique brièvement mon voyage, mon budget, ma recherche d’une auberge bon marché. Une minorité de personnes parle un peu anglais, ils veulent tous m’aider mais me disent qu’il est trop tard pour trouver un hôtel à ce prix, ils sont fermés, et puis c’est souvent reservé aux locaux, ou bien ils sont complets parce que très prisés (ce qui est vrai, j’ai pu en faire l’expèrience). Un type malin me conseille de prendre le bus pour aller dormir à l’aéroport situé à 10 kilomètres, pourquoi pas, c’est une bonne idée!

Alors que j’attends le bus pour l’aéoroport une belle voiture neuve s’arrête devant l’hôtel et un type affichant ostensiblement sa richesse en sort. Il s’appelle Wali et c’est un ami du patron de l’hôtel, il parle bien anglais, je lui explique tout, mon voyage, mon budget, etc. Il est gentil ! Il me passe au téléphone un de ses amis qui parle français, c’est inutile mais rigolo ! Situation improbable et caucasse que de me retrouver à parler en français au téléphone avec un Bangladais que je ne connais pas et qui n’avait probablement pas envie d’être dérangé !

Puis à force de discuter avec toute la petite troupe présente Wali fini par me trouver sympa et il décide avec le patron de l’hôtel de me faire une réduction sur le prix de la chambre : 500 Taka au lieu des 700 de départ. C’est encore cher de mon point de vue mais je le garde pour moi. Ca rentre plus ou moins dans mon budget, c’est acceptable disons. Et puis ils me disent qu’il y a un cybercafé pas très loin dans la rue, que je pourrai utiliser internet demain matin, ca c’est la cerise sur le gateau. Allez, je prends la chambre. J’ai tellement besoin d’utiliser internet après tout ce temps sans connexion, sans aucune info sur la pays, et puis j’ai besoin d’entammer mes démarches administratives urgemment !

Je m’installe dans une « chambre-cachot » comme on rencontre parfois en Inde : une pièce sombre et dégoutante, pas nettoyée depuis des décennies, un vieux sommier en ferraille tel qu’on pourrait en trouver par chez nous dans une décharge : usé, cassé, grinçant et rouillé, recouvert d’un petit matelas très fin qui commence à partir en lambeau et d’un drap taché de sang (classique les tâches de sang séchées, c’est à cause des puces et des moustiques), le tout situé au deuxième étage d’un batiment avec d’un côté une fenêtre donnant directement sur la ligne de chemin de fer où des trains passent toutes les heures en sonnant la corne, de l’autre côté une fenêtre donnant sur l’une des avenues les plus encombrées et les plus poluées de la ville. Bref, un hôtel bangladais ! Au moins j’ai un toit sur la tête et je suis en sécurité avec toutes mes affaires.

Armé de bonnes boules-quies dans les oreilles, je vais pourtant sacrément bien dormir dans ce lit pour ma toute première nuit au Bangladesh ! A ma grande surprise il n’y a pas de puces et seuls quelques moustiques survivent encore dans cet environnement urbain. Une bonne douche froide revigorante au « bucket » (au seau d’eau), et me voilà remis sur pied ! Je suis chez moi, tout va pour le mieux !

Je loge au « New Hotel Al-Mokka Fresh » sur l’avenue New Airport Road, à 10 minutes du quartier Banani.

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« New Hotel Al-Mokka Fresh » , New Airport Road, Dhaka

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Galères informatiques, dans l’enfer de Dhaka

Le lendemain matin je fais mes premiers pas au grand jour dans Dhaka, je me balade en cherchant un cybercafé et rencontre par hasard Iliyas et Fahrad, deux étudiants super sympas, ils parlent un très bon anglais. On discute et comme on arrive toujours pas à trouver ce foutu cyber-café ils me prettent leur smartphone pour envoyer des e-mails, tout en continuant de déambuler dans les rues de Banani, l’un des plus « beaux » quartiers de Dhaka.

J’ai rendez-vous à midi avec Wali (le type de la veille qui m’a négocié l’hôtel) pour partager le lunch dans son bureau, sur son lieu de travail. Il me prette son ordinateur portable pour que je puisse utiliser internet, c’est sympa. Nous dégustons le repas à base de poulet mangé sans couvert, à la main comme le veut la coutume, avec ce fameux riz accompagné de « mango-pickle » délicieux !

C’est aussi le moment tragique où je chope un virus sur ma clé USB qui me fera perdre toutes mes données et détruira mon disque dur. Mais je ne le sais pas encore à ce moment là…

Dans leur petit bureau situé au quatrième étage d’un immeuble moderne Wali et ses collègues font du commerce de vêtements et ils ont l’air d’avoir plutôt la belle vie.

Je revois Iliyas, Fahrad et Maruf dans l’après-midi, ils veulent m’inviter au musée ! Ils sont de super guides, ravis et excités de me faire découvrir en peu de temps un maximum de leur pays, de leur culture, de leur histoire, on parle de tout, c’est génial. Puis ils m’invitent à manger au resto le soir, la spécialité du pays : un succulent poulet biryani.

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Le soir même, de retour dans ma chambre, je découvre le virus sur la clé USB et l’ordi qui se met à déconner, c’est le début de la fin…

Je passerai ensuite 10 jours à Dhaka, dix-putain-de-jours dans cette ville-enfer à tenter de nettoyer l’ordi, de le désinfecter, de le réparer, et surtout à tenter de récupérer mes précieuses données. Dix jours passés entre le cyber-café et les différents magasins d’informatique du quartier.

Au final, mon disque dur est mort (250Go), je ne sais pas comment cela est possible mais oui le virus a rendu le disque inutilisable et irrécupérable. Je suis obligé de racheter un disque neuf (500Go) pour 4500 taka environ (65$), plus le service pour le remplacer et réinstaller le système (1500 taka, 21$), plus un rack DD-USB à 700 Taka pour pouvoir poursuivre désespérément mes tentatives de récupération de données….

Mais en vain. Toutes les données sont perdues, ou presque, à part mes quelques documents les plus importants que je sauvegarde toujours sur 2 clés USB distinctes (et aussi par e-mail). Je fais de nombreuses tentatives via différents logiciels de récupération de données (que j’utilisais dans ma vie passée, quand j’étais informaticien)…

Avant que le disque ne soit complètement et définitivement hors d’usage, l’un des programme parviendra à récupérer certains fichiers, comme les films (pourquoi les films, va savoir…) Malheureusement toutes mes vidéos de voyage sont perdues, mes photos ne sont pas récupérées mais je les ai en double sur des cartes SD (presque toutes…), l’ensemble de mes dossiers « musique » sont perdus ainsi que des très nombreux documents divers (très utiles à mon voyage), plus bien évidemment le système et tous les logiciels.

Au total j’ai perdu 90% des données se trouvant sur le disque… Grosse galère putain de poisse. Et en plus il faut que ca m’arrive à Dhaka, l’une des pires villes du monde… Dix jours de perdu sur un temps de visa déjà court et un plan de voyage sur 2 semaines seulement, autant dire que je ne ferai pas grand chose de plus au Bangladesh que de réparer mon ordi. POISSE DE MERDE.

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Dhaka, New Airport Road en bas de mon hôtel…

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Dhaka

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Dhaka

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Sur ces 10 jours passés à Dhaka (il faut être fou, ou coincé…) je passerai quand même quelques moments agréables (2 petites journées seulement) en compagnie de Fahrad, Iliyas et Maruf, à visiter Dhaka : faire le tour des musées, des parcs, découvrir la vieille ville et quelques célèbres palais.

Deux belles journées avec mes super potes si accueillants et fiers de me faire découvrir leur pays, mais quel enfer ce bruit et ce concert de klaxons incessant et toutes ces voitures, rickshaws, camions, motos, tous ces gens partout… Je préfèrerai mourrir que de devoir vivre ici, c’est triste à dire… mais c’est un ENFER. Je ne sorts plus sans mes bouchons d’oreilles, impossible, c’est une folie.

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Balades avec Iliyas dans le quartier historique de Dhaka

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Balades avec Iliyas dans le quartier historique de Dhaka

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Le  quartier historique de Dhaka

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Balades dans Dhaka

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Retour à la réalité du « vrai » Dhaka !

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Quand j’interroge mes copains de Dhaka sur leur résistance au bruit (difficile de décrire par des mots un environnement sonore aussi infernal), ils me disent simplement qu’ils y sont habitués, bien sur ils préfèreraient vivre dans un endroit calme mais le bruit ne les dérange pas plus que ça, ils vivent avec. Je ne peux être qu’admiratif.

Sans parler du travail acharné qu’ils fournissent chaque jour à l’université (étudiants en aéronautique) avec l’espoir d’aller finir leurs études à l’étranger (USA, Royaume-Uni, Australie…) et surtout de quiter le Bangladesh qui ne leurs offre aucun avenir radieux. Il souhaitent un jour aller vivre ailleurs.

Ils trouvent tellement injuste le fait que certains (comme moi) soient nés dans des pays où la vie est facile, alors que d’autres doivent se battre et travailler très dur pour espérer une vie décente, ou simplement pour survivre. Je ne peux qu’être d’accord avec ce sentiment d’immense injustice, même en étant moi-même du « bon côté » de la balance, surtout en étant du bon côté…

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Dhaka

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Dhaka

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Les gens dans la rue me regardent avec insistance, avec surprise et incompréhension. Mais au fond la plupart sont très sympas. Je m’en aperçois lorsque l’un d’eux vient me voir pour discuter ou quand je fais moi même la démarche d’aller aborder quelqu’un, que ce soit pour demander mon chemin ou pour acheter un tchai au coin de la rue. Par contre assez peu de gens parlent anglais.

Durant ces 10 jours à Dhaka j’ai aussi sympathisé avec le réceptionniste de mon hôtel, il s’appelle Raza, il est musulman comme 90% des bangladais et fier de l’être ! Il adore le football, il connait quelques détails historiques sur la France, il a de l’humour et il a le coeur sur la main. C’est un type génial.

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« Mister Raza » du New Hotel Al-Mokka Fresh !

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Enfin, l’ambassade du Pakistan de Dhaka refuse de délivrer des visas. Je ne suis pas tellement surpris mais j’avais quand même un soupcon d’espoir. Tant pis je retenterai ma chance plus tard en Inde. Ca annonce quand même des choses compliquées pour la suite de mon voyage…

J’entamme aussi les démarches (à l’avance) pour obtenir le visa iranien, putain que c’est compliqué ! Car avant de me rendre dans un consulat d’Iran je dois obligatoirement prendre contact avec une sorte d’agence de voyage spécialisée pour obtenir un permis et un « numéro d’autorisation » que je devrai fournir plus tard (dans 2 semaines?) aux agents consulaires. Mais qu’est-ce qu’ils sont longs à répondre aux e-mails ! C’est pas 2 semaines mais 2 mois que ca va prendre à ce rythme là ! (et je ne croyais pas si bien dire…)

Sans compter que, à cause de mes déboires informatiques, j’ai eu énormément de difficulté à retrouver l’accès à mes comptes e-mails, Paypal, etc. depuis les ordinateurs du cybercafé, j’ai donc cumulé les galères et les maux de tête pour chercher à résoudre tout ces problèmes en si peu de temps.

Heureusement mon collègue voyageur Yogo m’a aidé à comprendre, par e-mails interposés, le système (complexe) de l’obtention du visa iranien, il m’a aussi avancé le paiement des frais d’agence, via PayPal (car je n’avais plus accès à mon compte à ce moment là) que je lui rembourserai plus tard lorsque je serai en Inde et que j’aurai retrouvé mes accès.

Dhaka : quand l’enfer ne se suffit pas à lui même, il y a encore moyen d’aller plus profond : il suffit d’avoir la poisse en enfer.

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Quitter Dhaka !

Je quitte la ville après 10 jours de perdus, un précieux disque dur vérolé hors-service, et les tympans sacréments amochés. Je prendrai un bateau (le rocket-boat) pour aller à Barisal.

L’achat du ticket s’avère compliqué, il n’y a aucune information nul part sur les horaires. Et à peine plus sur le lieu de départ des ferrys ! Traverser Dhaka en bus est une nouvelle expérience infernale dont je me serais bien passé : la chaleur insuportable, l’humidité et la transpiration abondante de dizaines de personnes dans le bus bondé, littéralement plein à craquer, des heures passées dans les bouchons au mlieu des fumées noires suffocantes et du concert de klaxons insuportable. Un ENFER.

Une fois arrivé au port je cherche le « guichet » pour acheter mon ticket. Il n’y a pas de guichet ! Un type veut m’aider à faire les démarches, il me dit qu’il travaille pour le port et m’emmène dans un autre quartier, nous devons marcher au moins 15 minutes et entrer dans un vieux batiment pour y trouver le bureau des tickets. C’est vraiment étrange, pourtant c’est bien là. J’achète le billet puis nous retournons au port. A la fin le gars me demande un tips pour le service rendu. Je lui laisse quelques billets, c’est bien normal. J’aurai juste préféré qu’il me le dise plus tôt. Je commence à comprendre que tout fonctionne au pourboire ici. Voyager de pays en pays et devoir s’adapter chaque fois à de nouveaux us et coutumes n’est pas toujours facile !

Le départ du bateau est prévu à 18h00 et l’arrivée le lendemain matin vers 5h00. Je vais donc passer la nuit sur ce petit ferry.

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J’ai droit à un beau coucher de soleil sur le port de Dhaka peu avant notre départ. Puis le voyage est agréable mais de nuit il n’y a pas grand chose à voir.

Je partage ma cabine seconde-classe avec un type pathibulaire qui a juste envie d’être tranquille. Le personnel du bateau est sympatique mais ils n’arrêtent pas de me réclamer des ‘tips’ (pourboire) à tout bout de champ, sans raison, pour un verre d’eau ou pour un sourire, pour un rouleau de papier toilette (dont je n’ai pas besoin) ou à chaque fois qu’ils me donnent l’heure. C’est agaçant.

Si j’avais su comment se passe le voyage à bord de ces ferrys (mon premier au Bangladesh) j’aurai choisi le « deck » (le petit dortoir sur le pont central) au lieu du ticket « second-class » , beaucoup moins cher, plus convivial au milieu de gens sympas parlant un peu anglais et ouverts à la discussion. Vraiment ca aurait été beaucoup plus chouette, et le staff du bateau ne m’aurait pas ennuyé avec des tips toutes les 5 minutes.

Bon, je voulais surtout m’assurer une qualité de nuit correcte, de ce côté là c’est réussi : j’ai bien dormi dans ma petite cabine confortable malgré les ronflements de mon voisin.

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Barisal

Barisal est une ville située dans le sud du Bangladesh, ce fût un choix de destination un peu au hasard. J’en avais vaguement entendu parler comme d’une grande ville calme et relaxante située dans le double-delta du Gange et du Brahmapoutre, et accessible en ferry depuis Dhaka via le très large réseau marécageux-fluvial de cet immense delta. Il n’en fallait pas plus pour me donner envie d’aller y faire un tour !

Arrivé tôt le matin au port de Barisal, je trouve un petit hôtel local après 10 minutes de marche seulement. D’ailleurs il n’y a même pas écrit « hôtel » ou quoi que ce soit en anglais sur la pancarte, seulement des inscriptions en bangali que je ne sais déchiffrer.

Hôtel qui se révèlera sacrément pourri et hyper crade, un cachot infamme. Avec le type bizare de la réception au comportement louche et compulsif qui, sans même parler angais, n’arrête pas de me proposer de m’ammener des prostituées, d’abord payantes, puis gratuites… N’importe quoi ! Et qui veux aussi que je lui donne plus d’argent pour manger, alors qu’il passe ses journées entières à fumer en bas de l’hôtel, puis qui finira par « m’inviter » au resto pour que je lui paye son repas ! Alors que je n’ai même pas négocié le prix de la chambre (qu’il a lui même fait baissé de 400 à 300 Taka) sachant qu’elle ne vaut pas plus de 100 ou 200 Taka au maximum, mais bon, comme je suis un « européen fortuné » je ne fais pas trop le difficile sur le prix…

J’ai la flemme de changer d’hôtel, maintenant que j’ai posé mes valises, et puis ca sera peut-être pire ailleurs…

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Ma « chambre-cachot » à Barisal… Je n’ai pas trouvé mieux.

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Je vais très mal dormir pendant trois nuits, quasi des nuits blanches à cause des « bedbugs » : les puces de lit. Je suis obligé d’étaler sur le lit immonde ma couverture de survie en plastique pour ne pas être en contact avec les draps puants et moites, et les dizaines de puces qui vivent à l’interieur du matelas, qui piquent et qui grattent. J’en écrase des dizaines mais d’autres reviennent pendant la nuit et elles arrivent quand même à venir me sucer le sang, ca démange de partout. Sans compter les quelques moustiques, plus la chaleur et l’humidité, plus la transpiration au contact de la couverture de plastique, c’est une horreur, je ne dors presque pas la première nuit, ni la troisième, je n’arrive pas à m’endormir avant 4h ou 5h00 du matin. Pfff, je suis de plus en plus crevé, je tombe à moitié malade évidement à cause de la fatigue.

Par contre, en dehors des nuits horribles, les 3 jours passés à Barisal sont super sympas, je ferai de belles recontres tous les jours, la ville est très étendue, très peu dévellopée, mais vraiment agréable à vivre, comme un immense village avec la nature (rivières et forêts) à proximité. J’apprécie ce calme après l’enfer de Dhaka.

Un après-midi des gamins m’invitent à jouer au foot (ils connaissent tous les joueurs de l’équipe de France!) dans un parc avant d’aller se baigner pour se rafraichier dans le bassin publique : une sorte de grande réserve d’eau à ciel ouvert, destinée au bain, que l’on trouve en nombre dans toutes les villes et les villages au Bangladesh.

Je serai aussi invité par un groupe de jeunes à jouer au cricket (je ne suis pas mauvais pour un novice!) et surtout au jeu du terambut (un mélange de billard et de palet qui se joue au doigt avec des petits disques de plastique qu’on doit faire glisser sur une table en bois pour les envoyer vers les trous situés aux 4 coins de la table), j’adore ce jeu, c’est très amusant et très prenant. On rigole bien ! La dernière partie de terambut dégénère et se termine en bataille générale de farine (la farine que l’on utilise pour faire glisser les palets sur la table), tout le monde en prend alors plein la figure et on ira tous se plonger la tête dans la rivière à la fin de la soirée pour nettoyer toute cette poudre !

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Le jeu du « terambut »

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Le jeu du « terambut »

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Poulet-riz-curry dans un petit restaurant de quartier !

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Un type charmant avec les cheveux teintés orange rencontré près du port alors que je cherche un guichet maritime (qui n’existe pas, passons…) m’invite à faire une longue balade en ville puis à venir manger chez sa soeur : une famille bangladaise un peu particulière : à moitié musulmane (comme lui) et à moitié chrétienne (comme sa soeur Rahima), mais avant tout une famille très accueillante.

Rahima et sa maman sont excitées et heureuses de recevoir un étranger dans leur maison, elles me sortent du frigo un tas de délicieuses spécialités locales, sucrées, salées, épicées, ou les 3 à la fois, je me régale ! En plus Rahima parle bien anglais et nous avons plein de choses à partager, elle et sa maman sont super gentilles, elles sont toutes les deux pleines d’humour ! Rahima veut absolument me montrer sa collection de « pièces et billets du monde » (nous faisons quelques échanges !) et puis surtout l’album photo de famille avec les nombreuses photos de son marriage l’an dernier. Elle en est très fière !

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Avec Rahima et sa famille

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La maman de Rahima, cuisinière en chef !

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Comme ils insistent et que je me plais bien avec eux, je resterai aussi pour le dinner. Je souhaite aller faire des courses mais ils ne veulent rien entendre, je suis leur invité ! En plus, ils n’ont besoin de rien, ils ont prévu de cuisiner ce soir et ils ont déjà tous les ingrédients à la maison. Après le délicieux dinner composé de spécialités locales très variées, une panne de d’électricité générale nous « oblige » à déménager sur le toit-terrasse de la maison (en fait sur la dalle de béton du plafond de ce batiment innachevé) où nous passerons une heure sous les étoiles à disctuer en contemplant le ciel !

Rahima me propose pour une prochaine visite de venir dormir chez eux ! Dommage de ne pas les avoir rencontré avant.

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Barisal : une charmante (immense) petite bourgade !

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Barisal

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Barisal

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Le dernier jour en me baladant dans la campagne après avoir traversé en barque la très large rivière sur laquelle les ferrys arrivent de Dhaka, je serai invité à manger par les travailleurs de l’usine de brique, une bonne platée de riz blanc avec quelques petits morceaux de poisson.

Ils ne parlent pas anglais mais sont très sympas, ils me font même visiter les lieux en essayant avec des mots simples et des gestes de m’expliquer leur travail.

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Prolongeant la balade au milieu de cette campagne paisible je rencontrerai un peu plus tard un « social-door-to-door-seller » comme il se présente lui-même : un travailleur social faisant du porte à porte, il parle très bien anglais et a une grande ouverture d’esprit sur le monde, je l’accompagne pour la fin de sa journée de travail.

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J’aurai donc passé 3 super journées à Barisal malgré des nuits cauchemardesques dans mon hôtel insalubre. Je serais bien resté quelques jours de plus à condition de changer d’hébergement quand même ! Mais voilà le temps presse et j’ai prévu une dernière « escale » avant de quitter le Bangladesh : la ville de Khulna, située à mi-chemin entre Barisal et Kolkata.

Je cherche d’abord le ferry pour Khulna (information vue sur le site du Lonely Planet et sur d’autres sites web) mais ici tout le monde me dit que non il n’y a pas de bateau pour Khulna… Même au bureau de vente des tickets du rocket-boat (que j’ai fini par trouver après beaucoup d’effort)… J’étais pourtant certain qu’il y avait un ferry allant à Khulna, je me souviens même avoir vu des infos sur les tarifs et sur la durée du voyage. Quelle étrange situation…

Je prendrai finalement le bus, faute de mieux ! Relativement rapide (quelques heures seulement dont une heure d’attente pour une traversée de rivière en bac juste avant d’arriver à Khulna), vraiment pas cher mais pas confortable non plus et pas climatisé ! You get what you pay for ! « On en a pour son argent » comme on dit !

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Khulna

Arrivé à Khulna le 15 Septembre au soir, un passager du bus m’aide à trouver un hébergement bon marché après m’avoir emmené en rickshaw dans un quartier de la ville qu’il connait bien. Une chambre correcte à 250 Taka dans le centre-ville, c’est une affaire ! La chambre me semble propre en arrivant mais je réaliserai plus tard qu’il y a aussi des moustiques et quelques puces de lit. A nouveau je dors très très mal pendant trois nuits à cause des insectes et de la chaleur, le ventilateur n’étant pas assez puissant pour créer un semblant de fraicheur, je n’arrive pas à trouver le sommeil, c’est horrible…

Khulna est une très grande ville, beaucoup plus calme que Dhaka mais pas super relax non plus… En dehors des balades habituelles je passe pas mal de temps sur internet (connexion très lente) pour préparer la suite de mon voyage vers Kolkata en Inde, plus un peu de temps sur skype et plein d’autres choses à régler tant que j’en ai la possibilité. De grosses coupures de courant généralisées viendront animer un peu ces 2 jours passées à Khulna.

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La ville de Khulna est surtout connue pour être la « porte d’entrée » vers la plus grande région de mangroves au monde : les Sundarbans. Mais en fait ici il n’y a rien à voir, rien à faire, je suis décu, je m’attendais naïvement à une petite ville nichée au milieu de la forêt de mangroves mais en fait j’apprends que j’en suis encore loin et qu’il n’y a rien à faire ici à part réserver un tour en bateau ou prendre un bus vers une autre ville plus au sud pour ensuite aller visiter, via des tours guidés, la forêt de mangrove. Du coup ca ne m’interresse pas du tout, de la mangrove j’en ai déjà vu des centaines d’hectares en Australie et en Papouasie. Je rêvais juste d’un endroit calme et dans la nature pour me poser un peu… C’est raté.

Et puis je dors tellement mal… j’en peux plus ! J’ai envie d’en finir avec le Bangladesh, pays que j’aime pourtant assez malgré tout. Mais sans sommeil, impossible de survivre plus longtemps dans ce capharnaüm. Je souhaite maintenant avancer vers l’Inde et arriver le plus vite possible pour retrouver un certain « confort » et un minimum d’infrastructures (relative facilité des déplacements en bus ou en train, hôtels bien moins pourris qu’au Bangladesh, etc.) et retrouver une qualité de vie meilleure, et du sommeil.

Je quitte Khulna le 18 Septembre au matin. J’ai mis mon réveil à 5h00 (en ayant dormi seulement une heure à cause des puces et de la chaleur) afin de prendre le premier train pour Benapole, la ville frontière.

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Benapole – En route vers l’inde !

Le train quitte la gare de Khulna à 7h00. Je dépense seulement 40 Taka (un demi-dollar!) pour un voyage d’environ 2-3 heures dans la chaleur déjà étouffante du wagon bien rempli. Je somnole sans parvenir à dormir, mais mes yeux se ferment tout seuls et ma tête tombe toutes les 2 minutes. Je suis mort de fatigue.

A Benapole je prends un rickshaw un peu spécial, sans cabine et sans siège, je suis assis sur une simple planche de bois qui sert normalement à transporter des marchandises, mais dans cette ville il semble que les passagers s’en contentent !

Il m’emmène jusqu’au poste frontière situé à 2 km de la gare (pour ne pas pouvoir marcher 2 km il faut vraiment que je sois à plat…) pour la somme dérisoire de 10 Taka, plus un très gros tips pour écouler mes dernières pièces et petits billets, mais aussi parce que ce chauffeur de rickshaw un vieux monsieur usé mais encore aimable et souriant, le mérite bien.

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Good bye Bangladesh !

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18 Septembre 2014, je passe la frontière vers l’Inde sans trop de problème, à part la surprise d’avoir à payer une « taxe de départ » de 500 Taka (!) au gouvernement bangladais. Je tape un scandale dans le bureau d’immigration, expliquant que j’ai déjà dépensé beaucoup d’argent pour obtenir le foutu visa et qu’en plus je ne vois rien marqué nul part à propos de cette taxe de départ, c’est du vol ! On m’ammène au responsable qui me reçoit dans son bureau et qui répondra calmement et clairement à toutes mes questions. Je fini par me calmer, payer ce qu’il y a à payer en n’omettant pas de répéter que ce sont là des façons bien médiocres de soutirer encore un peu d’argent aux voyageurs de passage, surtout pour que ça profite à une poignée de privilégiés au sein du gouvernement bangladais corrompu (l’un des pires du monde) et surement pas à la population dans le besoin.

Je m’en vais alors vers l’Inde, réellement satisfait de quitter le Bangladesh.

J’échange mes tout derniers Taka contre des Roupies indiennes juste derrière la frontière, puis je monte à bord d’un “auto-rickshaw” (un rickshaw motorisé) à 15 Roupies pour effectuer les 6 kilomètres jusqu’à la gare. Pour 20 Roupies supplémentaires, un train m’emmènera jusqu’à Kolkata (Calcutta), environ 2 heures de voyage.

Dans les prochaines semaines j’irai me ressourcer, entre autre, dans la fabuleuse région himalayenne du Sikkim, entre le Népal et le Bouthan…

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Mon itinéraire au Bangladesh (en vert sur la carte) et en Inde du Nord-Est (De Moreh à Dawki). Je suis arrivé à Kolkata !

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Conclusion sur mon séjour au Bangladesh

En un mot : un désastre. Non pas tant à cause du pays en lui même, mais surtout à cause du virus informatique que j’ai chopé à Dhaka. J’ai perdu un temps fou, je n’ai pas eu le temps de visiter grand chose et les dépenses imprévues pour racheter du matériel ont plombé mon budget.

A cause de la qualité ignoble des hébergements (de loin la pire que j’ai pu expérimenter de tout mon voyage) j’ai cumulé les nuits blanches, j’ai perdu du poids, j’ai vécu la fatigue et le stress (à Dhaka). J’ai dû prendre 10 ans d’un coup et de nombreusse rides en 2 semaines de voyage ! J’ai passé presque toutes mes nuits dans des cachots insalubres, sans sommeil.

Mais j’ai aussi fait de belles rencontres et jai apprécié un certain sens de l’hospitalité des Bangladais.

Si je n’avais pas eu tous ces problèmes informatiques et toutes ces démarches administratives à gérer j’aurai certainement adoré mon séjour au Bangladesh. J’aurai passé plus de temps dans la campagne, dans les villages où il fait bon vivre, et même dans les villes où j’aurai pu dormir chez l’habitant en faisant du Couchsurfing par exemple. Seulement si j’avais été moins tracassé et moins occupé par toutes mes galères et toutes mes complications…

Je ne dis pas que je ne retournerai jamais au Bangladesh, mais s’il doit y avoir une prochaine fois je m’organiserai autrement, Je m’organiserai tout court ! Couchsurfing, plan de voyage, infos sur les transports, etc.

Et surtout je ne brancheai jamais plus une clé USB sur un ordinateur bangladais…

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Le Bangladesh, pays musulman traditionnel (90% de la population) où l’alcool est interdit, où les femmes sont parfois voilées, intégralement, ou pas du tout, avec toutes les nuances qu’on peut imaginer. Pays où il est trés impoli pour un homme de parler avec une femme qu’il ne connait pas, et vice-versa, mais ou le « prime minister » (le président) est une femme !

Les textiles et les vêtements ne coutant presque rien (made in Bangladesh), tout le monde, riche ou pauvre, porte de beaux vêtements dans la rue (pantalon et chemise, malgré la chaleur), c’est important. Les femmes sont souvent en sari, dans un mélange de styles indien et arabe. Tous les gens qui sont allés à l’ecole (une petite majorité de la population) sont capables de lire l’arabe en plus du bangali, pour pouvoir lire le Coran, comme dans tous les pays musulmans.

Derrière le regard dur et ferme des hommes, et celui inexistant des femmes, j’ai découvert des gens trés gentils, curieux, eduqués, ouverts sur le monde, très accueillants avec moi, l’étranger. Ils m’ont aidé de toutes leur force à chaque fois que j’avais un problème, ils m’ont souvent payé le bus ou invité au restaurant sans me laisser la possibilité de leur offrir quelque chose en retour, de façon totalement désintéressée.

Les hommes, tous passionés de football, connaissent par coeur les joueurs de l’équipe de France (et de toutes les autres équipes), ils admirent surtout Zidane qui était venu visiter le Bangladesh quelques années plus tôt. L’un des réceptionnistes de mon hotêl à Dhaka m’a aussi parlé de Napoléon, Chirac, Sarkozy, Hollande et Mitterand, et même de Pierre et Marie Curie ! Et moi qui suis incapable de retenir le nom de leur president(e) actuel… (Sheikh Hasina)

Quand à la ville de Dhaka, au risque de me répéter c’est un véritable enfer de surpopulation, de circulation automobile, de bruit, de klaxon, de polution, de stress. Des millions de voitures, bus, motos, rickshaws… Une anarchie « à l’indienne » mais en pire, 100 fois pire, à rendre fou!

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Dhaka est l’une des agglomération les plus peuplées du monde avec ses 15 millions d’habitants. Mais c’est surtout la densité de population qui bat ici tous les records : plus de 43000 habitants au km² dans le coeur de ville ! (2 fois plus que Paris intra-muros). C’est aussi l’une des capitales les plus pauvres, les plus polluées, et les moins développées de la planète.

Commentaire(s) (6)

C’est super que tu aies encore la motivation d’écrire tout ça un an après être rentré !
En tout cas, au plaisir de te lire et de se revoir un jour !
Et je suis curieux de savoir si tu as finalement réussi à passer par le Pakistan et l’Iran par la terre…
Salut !

Salut Guillain, quel plaisir de te voir ici ! :-)

Oui j’essaie de garder la motivation même si ca devient de plus en plus difficile avec le temps qui passe.

J’espère aussi te voir un jour prochain. N’hésite pas à prévenir si tu passes en France et notamment à Paris ou en région parisienne. A bientôt !

Bonjour Julien,

J’ai découvert votre blog par hasard il y a une semaine, en cherchant des information sur la Papouasie. Je dois t’avouer que je suis tombée complètement accro a vos récits. Au lieu de bosser je passe déjà plusieurs jours a lire vos aventures, je peux plus m’arrêter, tant pis pour ce foutu taf!!!
Si t’es sur Paris on sera ravis de t’accueillir chez nous un jour (mon copain est grand voyageur-autostoppeur, dans le même esprit que toi et Adrien) pour un diner ou une soirée. On est un groupe de « manouches » voyageurs à l’arrache, on adorera faire ta connaissance,

tout le bien a toi et a plus :)

Salut Ivona !

C’est très gentil, merci pour l’invitation ! Même si je ne serai pas sur Paris dans les 3 prochains mois (retour en Indonésie/Malaisie jusqu’en Mars), je serai enchanté de vous rencontrer après mon retour, donc dans le courant de l’année 2016 :-)

En tout cas ton message m’a fait super plaisir et me redonne un peu d’énergie pour terminer l’écriture de ce foutu blog interminable !

A un de ces jours… ;-)

« Sylhet » : ça commençait bien, ça m’a renvoyé en arrière vers tant de bon souvenir,
et puis quand j’ai lu ça, j’ai pris peur :
« Je n’ai pas de plan, pas une seule adresse d’auberge, ni même un nom de rue ou de quartier, je n’ai ici aucun contact, même pas une vague idée de ce à quoi ressemble la ville et vers où me diriger en arrivant. »
Mon pauvre… partout dans le monde mais pas à Dhaka ni Oulan-Bator… quelle horreur!
Tu as du passé un sale 1/4 d’heure qui a dut duré une éternité, mon pauvre ami…
« Dhaka : quand l’enfer ne se suffit pas à lui même, il y a encore moyen d’aller plus profond : il suffit d’avoir la poisse en enfer. »
Je compatis…

La suite de ton voyage est plus classique et je suis content que tu aies quand même pu toucher du doigt l’hospitalité bangladeshie.
T’as réussi à le réparer finalement ton disque dur, avec une réparation « hardware » comme tu me l’avais décrit (tête de lecture, plateau…)?

Bon, heureusement, l’Inde ça va mieux se passer. A tout de suite, de te rencontrer dans la lecture de ton carnet
et @ demain en vraie à Paris avec la surprise… :-)

Ca me réconforte (même après tant de temps) de savoir que tu comprends ma situation lorsque j’arrive à Dhaka sans préparation, car ce fût une sorte de traumatisme, vraiment la sensation d’être en plein cauchemar ! C’est bon de pouvoir partager ce genre de choses.

Ce qui a suivi à Dhaka, le virus et les problèmes informatiques, ce fût réellement un cauchemar, une expèrience que je préfèrerai ne pas avoir vécue.

Enfin, pour répondre à ta question, j’ai gardé mon disque dur HS pendant tout mon voyage en espérant le réparer en France, mais je me le suis fait voler en cours de route… et je n’aurai donc jamais plus la possibilité de le réparer ni de récupérer les précieuses données qu’il contenait…

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Quelle belle surprise tu m’as faite à Paris ce 11 janvier, revoir notre ami indien Pankaj (en plus de te revoir toi!) … Grandiose !! :-)

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